on croit rêver, mais c'est vrai, ils sont toujours là, alors que tourne la Terre, tourne le Gordel, tourne les gouvernements, tourne le tour de France. Oui, on croit rêver, parce que nous, on ne supporterait pas un centième de ce qu'ils affrontent au quotidien ... enfin, je dis "on", mais c'est juste une figure de style, ayant appris à mes dépends ces derniers temps que, parler au nom de ceux qu'on croit représenter, peut parfois prêter à confusion.
La peur s'installe chez nos compatriotes, on a peur de trop parler, de trop s'afficher, d'être exposé au regard des autres, alors on préfère garder le silence, marcher sans faire de bruit et laisser couler le temps, même sous la pluie, sans mauvais jeu de mots, c'est préférable.
Et eux, ils sont là, ils attendent aussi, que quelqu'un, là haut, accepte d'envisager une seconde, la réalité de leur quotidien et de leur force de vivre.
Mais je m'emballe, je le sens, au ton de ces mots que je viens d'écrire. La réalité est plus crue encore, plus cruelle, plus terrienne, plus "frottante" (comme quand on se frotte légèrement un petit bout de peau du doigt). Et c'est comme ça, que voulez-vous ? Alors ils sont toujours là, à attendre, et ils ne sortent pas. Ils grattent, comme ils le peuvent, de quoi continuer à tenir le coup. Ils grattent parce qu'ils n'ont pas le choix, parce qu'ils n'ont pas les droits qu'on a tous, le droit à la dignité par exemple, ... oui, par exemple ... ou encore le droit à l'auto-détermination, encore un exemple. Mais je pourrais aussi dire, le droit de bouffer, le droit de taffer, le droit de s'instruire. Ah, non ! tout ça ils doivent le mériter et le payer à la sueur de leur amour-propre. Tout ça parce que les autres, là haut, n'arrive pas à se décider. J'imagine bien (avec dégoût) le sentiment de puissance que ça peut procurer de prendre la place de Dieu.
Les nouvelles sont donc inexistantes, j'aurais aimé vous en dire plus, pouvoir vous dire que les petits sont allés en colonie de vacances en Italie (mais ils ne peuvent pas sortir du territoire), que le Papa a reçu une promotion (mais il ne peut pas travailler), que la maman suit des cours (mais elle ne peut pas s'inscrire), bref, j'aurais aimé vous raconter la banalité du quotidien d'une famille comme les autres, mais malheureusement, c'est impossible.
Tout ce que je peux vous dire c'est qu'ils attendent et que moi, à force de les voir attendre, la nausée me monte par tous les pores. Mais, ouf!, leur moral n'a pas de frontières et ils le partagent... ah ! enfin, un espace sans frontière dans cette chronique.
que vive la démocratie !
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